Technique

La buse variable (buteo buteo) est sans aucun doute le rapace le plus commun de nos contrées.On la rencontre des grandes plaines aux alpages d’altitude où elle y reste jusqu’aux premières neiges afin de bénéficier de proies de premier choix comme les campagnols terrestre (Arvicola terrestris).

Perchée sur un poteau, la buse est à son poste de chasse d’où elle observe au sol le moindre mouvement. Même si on la rencontre alors très souvent au détour d’une route ou d’un sentier, il est assez difficile d’obtenir de bonnes images de cet oiseau farouche à l’approche. Nous allons donc voir ici comment, en hiver, réunir le maximum de chance de notre côté pour tenter de figer ce rapace dans vos boîtiers !

 

Buse variable en vol

    Biologie

 

Avant toute chose , il convient d’en savoir un peu plus sur notre oiseau pour mieux le comprendre et mieux l’approcher…

La buse variable est donc un rapace diurne. C’est le rapace le plus commun en Europe centrale avec une envergure de 120 cm en moyenne et un poids variant de 700 à 1200 g pour les plus grosses femelles. Son plumage brun tacheté de blanc reste très variable selon les individus et les régions…Côté logis, la buse reste relativement inféodée au milieu forestier de plaine ou de montagne avec une condition impérative : la présence de zones suffisamment ouvertes en guise de terrain de chasse. Son régime alimentaire est ainsi étroitement lié à la faune de ces zones ouvertes : micro-mammifères, reptiles, batraciens…Et en période hivernale où la neige et le gel rendent difficile l’accès à la ressource, elle n’hésite pas à profiter de la moindre charogne se présentant à elle…

Buse au "nourrissage"

    Repérages

 

Quelque soit la zone géographique où vous vous situez, vous n’aurez pas de mal à observer une buse à l’affût sur un arbre ou un poteau, près d’une zone ouverte. Mettez donc à profit vos découvertes et observations et essayer de revenir quotidiennement sur ces lieux afin de valider la présence ou non de l’oiseau. Dans la plupart des cas, après quelques visites quotidiennes, vous vous apercevrez très vite de la fidélité du rapace…Il ne nous reste plus qu’à mettre à profit un comportement de la buse en hiver : son opportunisme. En lui offrant quelques morceaux de viande, nous allons pouvoir l’attirer à portée de télé tout comme on peut le faire pour les passereaux à la mangeoire….

Vous voilà maintenant avec votre « coin » à buse. Tous les matins, vous l’apercevez au sommet de cette arbre, postée sur une branche sèche et attendant les premiers rayons pour partir en maraude. Reste à vous maintenant de déterminer une zone favorable pour y préparer un affût dans lequel vous vous glisserez bientôt au petit matin dans l’espoir de la voir enfin dans votre viseur ! Mais d’ici là, patience et observation régulière sont vos deux outils indispensables qui vous permettront de mettre un maximum de chance de votre côté !

Pour la mise en place de l’affût, préférez une zone plutôt tranquille où vous n’aurez pas la visite du chat du village…

Voici les quelques points à prendre en compte pour le choix de la mise en place de votre affût :

-         soyez attentif à l’orientation du soleil par rapport à votre futur emplacement : attention au contre-jour même si parfois, il vous permettra de dégager des ambiances originales…

-         tenez compte de la végétation environnante afin de vous facilitez la mise en place de votre cache

-         un plus non négligeable est de pouvoir observer à distance votre zone d’affût : cela vous sera très utile pour juger de la fréquentation et des habitudes des oiseaux une fois votre « charnier » actif !

-         privilégiez un point à la hauteur de votre sujet afin d’éviter les contre-plongée… une vue rasante aura un impact beaucoup plus fort sur vos images.

-         choisissez un fond harmonieux qui permettra de détacher l’oiseau ; évitez ainsi les zones avec une route en fond ou encore des habitations…

-         veillez également à donner du champ derrière votre sujet : un point de nourrissage trop près d’une haie par exemple, ne vous donnera qu’une vue où l’oiseau sera perdu dans cet arrière-plan trop présent

-         dernier point important : renseignez-vous auprès du propriétaire du terrain pour bénéficier d’une autorisation.

Buse observant une concurrente

    L'affût

 

Nul besoin de vous expliquer qu’il est impératif que votre cache soit parfaitement hermétique à la vue de la buse car au moindre mouvement de votre part, cette dernière ne sera pas prête de s’approcher !! Privilégiez également une cache de taille moyenne : suffisamment grande pour être relativement confortable pour y passer une journée entière et suffisamment petite pour bien s’intégrer dans le milieu : gardez à l’esprit que la ou les buses connaissent parfaitement leur territoire et que le moindre changement pourra les dissuader de goûter à vos offrandes ! La meilleure formule reste l’affût cubique. Prévoyez quatre piquets d’1m50 environ enfoncés de 20 à 30 cm dans le sol et espacés d’environ 1m30 les uns des autres et formant un carré. Recouvrez l’ensemble d’une bâche camouflée comme on en trouve facilement maintenant dans les magasins de bricolage. Collectez ensuite le maximum de végétation environnante pour recouvrir votre affût et l’intégrer au maximum.

Affût parfaitement intégré au milieu

Détail important : opérez de préférence en fin de journée afin d’éviter d’éveiller les soupçons de Mme Buse ! Une fois votre poste en place, vous pouvez d’ores et déjà placer quelques morceaux de viande.

Quelques astuces pour l’appât :

-         rendez-visite à votre boucher et demander lui des abats…les buses se régaleront !

-         placez les morceaux de viande si possible dans une petite dépression ou dissimulés par un écran de végétation assez rase afin de masquer ce détail inesthétique sur vos clichés.

-         Fixez votre appât au sol si vous ne voulez pas voir la buse partir avec votre pitance sans pouvoir la photographier : d’anciennes sardines pour tente de camping rempliront à merveille cette fonction.

    L'attente

 

Voilà la zone prête ! Ne soyez pas trop impatient, car certains individus sont plus méfiants que d’autres. En moyenne, compter 4 à 5 jours avant d’avoir des visites régulières. Visites qui seront d’autant plus régulières si le froid et une mauvaise météo persiste. En attendant de pouvoir utiliser votre affût, retournez quotidiennement sur la zone de préférence le matin afin de ré-alimenter le « charnier ». Si votre zone est visible à distance, profitez-en pour observer la fréquence et le nombre d’oiseaux venant se restaurer. Passés ces quelques jours, si le rapace se montre très intéressé par votre offre, il ne vous reste plus qu’à vous glisser dans l’affût, aux premières loges !

Au soleil...

    Dans l'affût

 

Ca y est, vous avez jugez que la fréquentation était bonne et que vous pouviez tenter un premier affût. N’attendez pas qu’il fasse jour pour rentrer dans l’affût car sinon, c’est le désert assuré ! Pensez à amener suffisamment de vêtements chauds pour passer une journée dans un certain confort…La journée peut paraître très longue quand on a froid ! Si vous n’avez pas commis d’erreur et que vous êtes rentrés suffisamment tôt dans votre affût, vous aurez de grande chances de pouvoir déclencher ! Toutefois, gardez bien à l’esprit que vous attendez une espèce sauvage et que sa visite sur votre site n’est peut-être pas systématique. Pourquoi ? Ca on ne le sait pas, mais c’est ce qui fait tout l’intérêt de notre pratique non ? Alors multipliez les tentatives et n’hésitez pas à sortir même avec une météo médiocre : vous varierez les ambiances et obtiendrez des images fortes !

...ou sous la neige !

Bon affût !!


 

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Sébastien De Danieli - contact@sebastiendedanieli.com
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